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Naviguer aujourd’hui est devenu vraiment facile. J’ai eu la chance, merci papa, de vivre la révolution électronique à bord des différents “Laurence” depuis la gonio, l’AP, les premiers GPS puis l’informatique embarquée (premiers logiciel de cartographie). Si les principes du positionnement automatique n’ont pas évolués, ils ont, par contre gagnés en facilité, efficacité et précision. A l’inverse, si autrefois, un voyage tel que le nôtre relevait de l’aventure en bien des domaines, aujourd’hui, la vraie aventure c’est de partir…

La navigation se résume, selon moi, en deux aspects qu’il convient de maîtriser autant que cela soit possible : il faut être capable de se positionner avec précision, il faut être capable de se projeter avec cette même précision. On mesurera donc l’intérêt (la pertinence) de ses outils à leur capacité à nous aider dans cette tâche.

Le premier aspect est sans doute celui le plus abordable, il s’agit évidement de réunir un maximum d’informations nous permettant de vérifier notre position : des mesures et des observations (factuels) seront comparées à des référents (cartes, guides, notes) en vue de produire une estimation fiable de notre positionnement. J’utilise volontairement le terme “estimation” parce que, à moins que vous soyez posé sur un rocher, votre positionnement restera toujours d’une relative incertitude. Cette dernière dépendra bien évidemment de la qualité de vos observations, tout autant qu’à celle de vos référents (Pour caricaturer, ce n’est pas très utile de connaitre le nom de la rue dans laquelle vous vous situez, si vous n’avez pas de plan…). Sur ce point, les instruments de navigation vont nous être d’une aide précieuse pour recueillir les observations : un loch (mesure la vitesse sur l’eau), un échosondeur (mesure la profondeur sous la sonde), une girouette anémomètre (mesure la direction et la vitesse du vent apparent), le barographe (mesure et garde en mémoire la pression atmosphérique, le GPS (mesure votre position par rapport à des points fixes – les satellites) et, le plus important, vos yeux et votre tête pour ce qui est du reste. Toute électronique, tout matériel embarqué, et ce depuis pas mal de temps, mesure les mêmes paramètres (pour la navigation) : le cap compas (magnétique), la vitesse sur l’eau, la profondeur d’eau sous la sonde, la pression atmosphérique, la vitesse et l’orientation du vent apparent et la mesure d’un angle par rapport à un repère. D’autres mesures, moins essentielles, se sont ajoutées : la température de l’eau, l’inclinaison du navire (gyroscope), la mesure de l’angle de barre,… Ce sont les données mesurées. L’électronique nous a apporté, avec son développement, un confort indéniable dans l’utilisation et le traitement rapide de ces données. On n’a donc pas plus de données qu’il y a 20 ou 30 ans, mais on peut rapidement, sans effort, en retenir beaucoup plus d’informations via les calculs sur ces données. L’exemple le plus évident est bien évidemment la position du navire en coordonnées (latitude et longitude). On est passé d’une observation de point repérable (amer) nécessitant un observation visuelle (audio avec la gonio), la mesure par compas de son relèvement, le report sur une carte de cette droite… avec trois repères minimum pour obtenir un positionnement approximatif (à cause du temps nécessaire à l’observation et de la précision toute relative de celle-ci); au positionnement par satellite qui procède aux mêmes démarches mais de manière instantanée et surtout, continuellement (Avec le report immédiat sur une carte vectorisée)… La technologie nous permet donc, aujourd’hui, d’en faire moins en disposant de plus d’informations rapidement. Cool non?

C’est sur le second aspect que les progrès sont bien évidemment les plus appréciables. Encore faut-il bien comprendre les limites des outils que nous allons utiliser pour se projeter, anticiper, deviner l’avenir tel madame Irma… L’intérêt d’avoir une vue précise de sa position dans un futur (forcément proche) est primordial pour le confort et la sécurité du voyage. Il s’agit de planifier un déplacement, il s’agit également de faire une prévision de l’environnement dans lequel ont va être amené à évoluer (conditions météorologiques, marées, lumière…). L’évolution des modèles mathématiques de prévision météo a sans doute, été le progrès le plus significatif en matière de navigation, c’est le fruit de longs investissements, de longues observations et c’est bien étranger à notre petite plaisance. Néanmoins, nous en récoltons les fruits. Les données de prévision à plusieurs jours (jusqu’à 8 avec une marge d’erreur acceptable) sont maintenant accessible à tous sous la forme de fichiers légers (les gribs), ensuite, comme pour les observations, c’est dans la manière de présenter (rendre compréhensible), de fournir des données calculées,… que les outils se différencient. Enfin, l’informatique nous permet de détenir une quantité importante d’information, d’en disposer facilement, alors qu’autrefois cela n’était pas même envisageable : la cartographie électronique complète d’une côte que l’on fréquentera est aujourd’hui à bord, alors qu’autrefois on se contentait fréquemment de quelques “grand routiers”. Les logiciels de navigation nous permettent également de planifier plus rapidement une “route” en fonction des critères de marche du bateau (polaires de vitesse), nous offrant donc, avec les prévisions météo plus précise, une bonne appréhension des conditions de navigation à venir. Enfin, les communications depuis le navire et vers le navire ont également énormément évoluées. Aux outils traditionnels analogiques (VHF/BLU) se sont ajoutés des outils plus performants (SRC – Communications satellites – AIS) permettant une communication “fiable” avec l’extérieur, on y a gagné en confort (contact avec les proches) mais aussi en sécurité (système GMDSS – réception météo). Les systèmes d’identifications et de partage d’information par VHF en digital nous permettent de recevoir la position, le cap et la vitesse des navires proches (les plus gros) et de les voir, via la réception AIS, sur notre carte. La communication par satellite, par sa couverture mondiale, nous offre un supplément de sécurité, elle permet aussi la réception d’informations importantes (alertes, météo,…). L’accès de plus en plus aisé à internet à partir du bord, invite aux échanges d’informations (tel ce blog) entre navigateurs, observations qui rejoindront les référents cités plus haut.

La course au matériel embarqué est sans limites, ni financières, ni sur leurs capacités. Nous avons, comme beaucoup, opérés des choix. Toujours avec cette même philosophie : quel matériel, pour quoi faire?

A côté du matériel, il y a eu des choix également au niveau logiciel. Dans cette même logique, notre sélection s’est opérée sur des logiciels simples, clairs et abordables.

 

 

 

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