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8°49.35’S 140°03.90’W

Dans le nord est de Nuku Hiva, les montagnes retiennent la plupart des nuages et cette côte est naturellement plus aride. Au fond de l’une des baies qui découpent le litoral, un élargissement, protégé par les pointes rocheuses de Tekea et de Mataohotu, laisse découvrir une magnifique vallée. Anaho a la réputation d’être le meilleur mouillage des Marquises et les paisibles journées que nous y passerons ne trahiront pas celle-ci.

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8°56.60’S 140°09.80’W

Les plus hauts sommets de Nuku Hiva s’élèvent sur sa partie ouest. Les nuages venant de l’océan viennent s’y accrocher et y mourrir parfois. Le versant est du massif, battu par les pluies et par l’alizé, se dresse en un mur de roche noire.Quelques torrents ont creusé la roche, ils se jettent dans le vide en cascade là où c’était impossible.

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8°55.10’S 140°05.70’W

Juste après Fatu Hiva, on traverse presque tout l’archipel pour atterrir à Taiohae sur Nuku Iva. Il nous faudra passer une nuit en mer pour atteindre Nuku Hiva, mais si nous avons décidé de traverser si rapidement l’archipel, c’est par nécessité.

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10°27.90’S 138°40.00’W

Une fois les yeux posés sur elle, Fatu Hiva vous ensorcelle. Ses cimes déchirées sur le bleu azur du ciel, ses roches noires qui émergent des vallées verdoyantes, rien ne semble pertuber son savant équilibre. Elle est d’une beauté brutale, elle est d’une beauté fatale.

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Hanavave

Heure du bord : 17h00 – 0h00 UTC
Position : 10°27.86’S 138°40.90’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 3110 nm (sur l’eau)

Après 17 jours de huis-clos, nous allons enfin revoir de nouveaux visages.
Après 17 jours de nuits interrompues, nous allons enfin dormir comme des souches.
Après 17 jours à se croiser dans le lit, nous allons enfin dormir à deux.
Après 17 jours sans alcool, nous allons enfin savourer un verre de vin.
Après 17 jours sans quitter le bateau, nous allons enfin dérouiller nos jambes.
Après 17 jours de bruits et de mouvements perpétuels, nous allons enfin apprécier le calme.

Nous sommes fiers de nous et de notre famille, d’avoir oser dépasser nos limites et nos doutes, d’avoir fait confiance à la vie et à Zorba. Cette expérience est inoubliable et nous sommes heureux de l’avoir vécue à 4. Maxime et Zoé ont été exceptionnels: ils se sont occupés merveilleusement, ne se sont jamais plaints, ont respecté nos besoins de sieste. Nous nous rendons compte à quel point ils ont grandi depuis l’Atlantique Sud, il y a deux ans et demi déjà.

Hanavave, appelée aussi baie des v(i)erges, s’offre à nos yeux. Sa réputation n’est pas galvaudée, elle assume sans complexe être la plus belle du monde, à raison. Difficile de ne pas succomber, même la plus belle photo ne pourrait rendre tant de beauté. Mon Papy, Albert Lambert, aurait tant aimé la voir, puisse-t’il se réjouir a travers mes yeux!

Bonne nuit à tous, la nôtre le sera.

Over.

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Heure du bord : 12h00 – 19h00 UTC
Position : 10°23.80’S 138°01.51’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 2920 nm
Distance pour Fatu Hiva (Marquises) : 40 nm

Fatu-Hiva est en vue! C’est moi qui ai pu crier “Terre!”. Pas facile à apercevoir au milieu des nuages à l’horizon, on la voit, on ne la voit plus, on croit à un mirage. Zoé pleure de ne pas réussir à la voir… Je lui propose une partie du jeu “le bal masqué des coccinelles” et lui promets qu’elle verra l’île à la fin de la partie. Et ça a marché!
Le vent tant attendu est enfin là et nous filons à plus de 8 noeuds, la mer est forte mais peu nous importe vu que nous n’en avons plus que pour quelques heures.
J’ai évité de regarder les photos de ces îles depuis quelques temps pour être éblouie un maximum par leur magie et leur beauté à l’arrivée. Un trésor de récompense!

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Heure du bord : 1h00 – 8h00 UTC
Position : 10°12.80’S 136°40.90’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 2835 nm
Distance pour Fatu Hiva (Marquises) : 120 nm

Pas simples ces dernières heures de navigation. Le vent a décidé de nous abandonner, pas qu’il ait totalement disparu, mais il s’efface. Voilà 48 heures que nous cherchons activement chaque risée pour avancer. La trace sur la carte est plus proche de la route de montagne que de l’autoroute. Malheureusement notre pilote ne nous est pas d’un grand secours, lui qui excelle à suivre un cap précis. C’est donc à la barre que nous gagnons chaque mille vers notre objectif sauf à se résoudre à ne l’atteindre que deux jours plus tard…

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Heure du bord : 2h30 – 9h30 UTC
Position : 9°42.90’S 134°12.00’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 2685 nm
Distance pour Fatu Hiva (Marquises) : 265 nm

Après un peu plus de 60 jours de traversée J. Brel arrivait aux Marquises dégouté de cette expérience. Il vendait son bateau et s’installa dans l’archipel pour y finir ses jours…

“…
Ils parlent de la mort, comme tu parles d’un fruit
Ils regardent la mer, comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives, au soleil redouté
Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été

La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s’immobilise
Aux Marquises

Du soir montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant et la lune s’avance
Et la mer se déchire, infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés

Et puis plus loin, des chiens, des chants de repentance
Et quelques pas de deux, et quelques pas de danse
Et la nuit, des soumises et l’alizé se brisent
Aux Marquises

Le rire est dans le coeur, le mot dans le regard
Le coeur est voyageur, l’avenir est au hasard
Et passe des cocotiers qui écrivent des chants d’amour
Que les sœurs d’alentour, ignorent d’ignorer

Les pirogues s’en vont, les pirogues s’en viennent
Et les souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise, gémir n’est pas de mise
Aux Marquises
…”

On sera content d’arriver…

Over

Over.

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Heure du bord : 2h30 – 9h30 UTC (changement d’heure à bord)
Position : 9°21.15’S 131°05.50’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 2510 nm
Distance pour Fatu Hiva (Marquises) : 450 nm

Il semble que nous ayons traversé la zone de calme. Depuis minuit nous progressons à nouveau à bonne allure vers Fatu Hiva. Elle nous aura freiné un peu plus de 24 heures. Mais ce fut aussi comme une parenthèse, un moment de calme revenu. On aura goûté au plaisir d’une mer plate comme un Lac ou seule demeure la lente respiration du Pacifique! Quelques dauphins sont venus nous saluer à la tombée du jour, on ne se lasse pas de les observer.

Le vent revenu, on peut se risquer à prédire une arrivée sur Fatu Hiva ce dimanche. C’est la plus australe des îles de l’archipel, c’est également la plus “préservée” car la mer est resté le seul moyen d’y accéder. Avant la période des missionnaires, l’île était peuplée de nombreuses communautés de descendants du peuple Tiki (île de Pâques). J’ai hâte de découvrir les dernières traces de cet civilisation qui plaçait la beauté en valeur fondamentale de leur existence. Nous devrions, dimanche donc, poser l’ancre dans la baie de Hanavave appelée par les missionnaires baie des Vierges. Elle a la réputation d’être la plus belle baie du monde, rien que ça! Gauguin, dont le goût pour la lumière et les belles couleurs pourrait difficilement être contesté, aurait souhaité y finir ses jours mais la maladie ne lui en laissera pas l’occasion. Il écrivit ceci à son propos (1901) :”Je fais un dernier effort en allant le mois prochain m’installer à Fatu Hiva, ile des Marquises presque encore anthropophage. Je crois que là cet élément tout à fait sauvage, cette solitude complète me donnera avant de mourrir un dernier feu d’enthousiasme!”

Over.

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Heure du bord : 3h00 – 10h00 UTC (changement d’heure à bord)
Position : 8°27.40’S 125°45.00’W
Distance parcourue depuis Isabella (Galapagos) : 2370 nm
Distance pour Fatu Hiva (Marquises) : 590 nm

Changement de rythme.
Après les longues heures de route directe dans un alizé régulier, où l’on a pu s’offrir le luxe de “lever le pied” tout en affichant des moyennes très honorables pour une croisière en famille, le temps est venu d’exploiter les formidables possibilité de notre fidèle monture. La perspective des vents faibles que nous touchons en ce moment (7-8 noeuds) et vents faiblissants de ces dernières heures ne nous a pas laissé le choix, on est passé en mode attaque. Si la vitesse moyenne ne le reflète pas franchement, c’est pourtant une hallucinante performance de voile que Zorba vient d’accomplir. Malgré le vent léger, grand voile haute et grand spi nous ont aidés à naviguer pratiquement à la même vitesse que le vent! Alors même qu’en ce moment, nous allons même un peu plus vite. C’est la magie de la vitesse des multicoques.
En effet, le vent que crée le déplacement du bateau (sa vitesse) vient s’ajouter au vent réel qui souffle sur l’eau. Alors si effectivement nous ne dépassons pas la vitesse du vent qui souffle dans nos voiles (vent réel sur l’eau + vent vitesse), nous pouvons aisément comprendre que, vitesse aidant, le vent augmente et nous permet d’accélérer. Mais si la chose est possible, elle est conditionnée par deux facteurs pas toujours compatibles. Il faut d’une part un angle précis par rapport au vent (vent de la vitesse doit s’additionner au vent réel et non l’inverse), ce qui implique que la direction à prendre (le cap) soit compatible avec cet angle. Il faut également maintenir une vitesse constante, ou optimale, ce qui implique une attention continue pour conserver le réglage optimum des voiles. C’est évidemment un état d’équilibre très très instable et donc très très incompatible avec la voile de croisière où la majorité du temps disponible est consacré à bien d’autres activités que celle de barrer.
Ces moments nourrissent le marin qui est fier de naviguer sur un tel voilier.

Over.

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