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Moorea

Moorea est distante d’à peine quelques milles de Tahiti (11 nm) et de sa capitale Papeete. Plus petite que Tahiti, elle n’en est pas moins majestueuse. Elle attire le regard de ceux qui « atterrissent » à Tahiti et fascine immédiatement.

Deux profondes baies entaillent le flanc nord de la montagne que le corail entoure soigneusement de son récif barrière. Moorea est un joli résumé de ce que la nature a à offrir de mieux entre le vert et le bleu. On y apprécie la tranquillité sans être trop coupé de sa citadine voisine. Enfin, en théorie, cette fois, c’est un peu différent… nous y avons rendez-vous avec nos amis coques et bi-coques qui, comme nous, achèvent la tournée des visiteurs (tournée des îles visant à faire découvrir aux terriens venus de loin les joies de la navigation, des eaux claires et des lagons). La tension entre bateaux est palpable, la pression des dernières semaines où les marins ont été à nouveau confrontés aux échéances, rendez-vous et agendas chargés est à son maximum. Il n’est plus possible d’échapper à l’explosion : trois jours de fêtes seront nécessaires à apaiser les corps fourbus. C’est certain, on a complètement sous estimé le risque de rassembler trois bateaux belges, au soleil et avec leurs amis, dans un même mouillage paradisiaque.

Heureusement, car ma tolérance à l’alcool n’est plus ce qu’elle fut, que bien d’autres agréables activités y sont également possibles. Avec Didier et ses fils, la visite du lycée agricole et des marae d’Opunohu seront le prétexte à une magnifique ballade dans les vallées de fond de baie. Avec Anne et Sophie, nous profiterons des activités du lagon et de ses proches parages, avec baignades entourés des raies pastenagues, des requins pointes noires (Anne apprécie moins du coup) mais surtout des baleines à bosses qui rejoignent en cette saison les eaux plus chaudes pour s’y reproduire.

Nous devons un de nos plus beaux moments sur Moorea à Damien et Fabienne (Zouk) rencontrés quelques semaines auparavant à Bora Bora. Damien est guide de haute montagne, et alors que nous échangions sur le plaisir des randonnées, il avait évoqué son envie de clôturer leur voyage sur l’eau par une belle grimpette. Le mont Rotui, un des sommets de Moorea, semblait correspondre parfaitement et nos retrouvailles au pied de ce dernier, à Opunohu, peu avant que leurs valises ne soient bouclées, ne pouvait laisser ce merveilleux projet sans suite.

Le temps est parfait et c’est de très bonne heure que nous quittons la petite plage à la recherche du sentier qui nous mènera au sommet par la crête. A seulement 200 mètres du mouillage le chemin débute dans le jardin d’une des maisons et nous entamons la montée qui devrait nous voire admirer le panorama avant midi. Damien, de main de maître, imprime le rythme des 900 mètres de dénivelé qui nous attendent.

Alors qu’il semble bondir de pierre en pierre, on peine, on sue mais on ne lâche pas. Une partie du petit groupe nous abandonne à 300 mètres d’où on jouit déjà d’une vue incroyable sur le lagon et le mouillage. Mais très vite, Damien nous rappelle à l’ordre, le sommet n’attend pas, il nous faudra encore du temps pour l’atteindre et autant pour en revenir. La montée se poursuit, désormais sous un rythme un peu plus soutenu, on ne peine plus, on souffre. Lui s’éclate et c’est beau à voir.

Heureusement, les nombreuses anté-cimes nous offrent l’occasion de petites pauses, principalement pour se reprendre, parfois pour une photo. Depuis les derniers sommets, la randonnée prend des aspects plus vertigineux. Le sentier se résume sur certains passages à une petite crête, bien trop petite au goût de mon vertige. Parfois même, il disparait du regard pour se poursuivre à la verticale d’un aplomb rocheux. Fort heureusement nous avons pu compter sur la petite nouille de Damien (fallait que je l’écrive celle-là). En homme d’expérience, il a pensé à s’équiper d’un p’tit bout de bout qui nous a (r)assuré dans les passages les plus délicats. Après 4h30 d’ascension, tout le mont Rotui est sous nos pieds, à 899m au dessus de Zorba.

On est fier et pas encore conscient que le plus difficile est à venir, mais au sommet, impossible de ne pas se régaler de la vue extraordinaire sur Moorea et Tahiti. Un déjeuner vite avalé et on reprend la route, la même dans l’autre sens… On achève la journée vidés, après 9 heures de marches et seulement quelques minutes de pause, un gros manque d’eau et les pieds en compote. Que du bonheur!