— be.nomads.be

Tahanea

Taotaona 16°51.02’S 144°41.50’W

De nombreux atolls des Tuamotus sont difficilement accessibles. Tahanea fait un peu office d’exception : trois passes permettent l’accès à son lagon et l’une d’entre elles est praticable en toutes conditions, presqu’à tout moment. Voilà de bonnes raisons d’en faire notre destination après notre départ des Marquises.

Il nous faudra ralentir les dernières heures de notre traversée pour se présenter à l’entrée du lagon avec la lumière du soleil. Le spectacle du levant nous laisse découvrir les premiers motus déserts (îlots qui entourent le lagon). Par prudence, et parce que le timing le permet, nous sommes également à l’étale des marées. Enfin presque… Le courant sortant est encore de 2 à 3 noeuds et, s’il n’y a pas de mascaret, l’eau bouillonne étrangement au plus fort des courants. Une fois dans le lagon, c’est un autre spectacle qui nous attend, et c’est sous Zorba qu’il se joue. L’électronique nous indique encore 17 mètres de profondeur et nous pouvons déjà admirer les détails du fond!

Zorba trouve place derrière un petit récif qui prolonge un motu. Poser l’ancre entre les patates m’a donné à résoudre une équation à quatre inconnues…

Sous la surface c’est un festival : perroquets, nasons, chirurgiens, agoutis, balistes, caranges et requins pointes noires s’amusent dans nos caves. Jamais nous n’avions admiré une eau aussi claire et transparente. Et si, à quelques mètres de la surface, les motus ressemblent à toutes ces îles coralliennes, le nez dans l’eau, c’est un paysage d’une rare beauté qui s’offre à nous.

Les coraux fleurissent comme notre printemps, les bénitiers varient du turquoise au brun pailleté or et les demoiselles s’offrent leurs plus belles robes pour pavoiser entre les gros mérous et les napoléons (gros perroquets). Nous nous familiarisons lentement à l’omniprésence des requins. Il faut bien avouer ques les pointes noires sont parfaitement inoffensifs, les pointes blanches ne fréquentent que les fonds plus profonds (10m min.) et que les citrons se font rares (les requins et les fruits). Leur proximité nous permet également d’en apprécier la grâce et la beauté.

Alors que nous étions seuls le soir, à l’aube se rejoue, avec quelques heures de retard , le 6 juin! Les américains débarquent, leur flotille charrue le mouillage tandis qu’ils s’interpellent entre bateaux au porte voix… Il n’est pas encore 6 heures et nous n’avions pas tout à fait achevé notre nuit. Nous attendons nos amis de Kazaio pour mettre les voiles vers Fakarava.